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Bruxelles appelle la justice turque à ne "pas se mêler" de politique

BRUXELLES - Le commissaire européen à l'Elargissement Olli Rehn a appelé samedi la justice turque à ne "pas se mêler de politique démocratique", après qu'une demande eut été déposée devant la cour constitutionnelle pour dissoudre le parti AKP au pouvoir en Turquie.

"Dans une démocratie européenne normale, les problèmes politiques sont débattus au Parlement et tranchés par les urnes, pas dans les tribunaux", a déclaré M. Rehn aux journalistes, en marge d'une conférence internationale à Bruxelles.

"La séparation des pouvoirs est également un principe européen de base: autrement dit, le pouvoir exécutif ne se mêle pas des affaires judiciaires, et la justice ne se mêle pas de politique démocratique", a-t-il ajouté.

Il a ajouté qu'il espérait que "cet incident ne consommerait pas trop d'énergie politique, afin de ne pas retarder les réformes, liées à l'intégration à l'UE, destinées à améliorer les libertés individuelles en Turquie".

La Turquie a entamé en octobre 2005 des négociations d'adhésion à l'UE, qui n'ont progressé que très lentement depuis, faute de réformes en Turquie mais aussi de l'opposition de certains pays européens à une entrée de ce grand pays à population largement musulmane dans l'UE.

Le procureur de la Cour de cassation turque a déposé vendredi devant la Cour constitutionnelle une demande visant à interdire le Parti de la justice et du développement (AKP, issu de la mouvance islamiste) et son chef, le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan, en raison d'activités anti-laïques.

M. Erdogan a dénoncé samedi cette menace de dissolution de sa formation comme une "atteinte à la volonté nationale".

(©AFP / 15 mars 2008 16h25)

Le Premier ministre turc Recep Erdogan a renforcé les doutes sur le bien fondé de l'entrée de son pays dans l'UE, en "encourageant le nationalisme turc en Allemagne", a affirmé mardi un haut responsable de la coalition au pouvoir à Berlin.

"Erdogan a encouragé le nationalisme turc en territoire allemand", a affirmé Erwin Huber, chef de l'Union chrétienne sociale (CSU), parti frère de la CDU de la chancelière Angela Merkel. "C'est anti-européen et cela confirme nos réticences envers l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne", a-t-il poursuivi dans une interview publiée mardi par le journal Münchner Merkur.

M. Erdogan avait tenu dimanche un discours devant près de 20.000 immigrés turcs et allemands d'origine turque à Cologne (ouest), les mettant en garde contre l'assimilation en Allemagne, en affirmant que les Turcs devaient garder leur propre culture.

Mme Merkel avait vivement réagi à ce discours, soulignant que les Allemands d'origine turque devaient leur loyauté à l'Etat allemand. "Nous devons maintenant réfléchir et voir si dans ces circonstances la poursuite des négociations d'adhésion avec la Turquie a encore un sens", a ajouté M. Huber.

La CDU et la CSU préfèrent un partenariat stratégique entre l'UE et la Turquie à une adhésion pleine et entière. Mais le pacte de coalition signé par Mme Merkel avec les sociaux-démocrates prévoit la poursuite des négociations d'adhésion, par respect des promesses faites depuis longtemps par l'UE à Ankara. (belga/7sur7)

SOURCE

http://www.7sur7.be/7s7/fr/1505/Monde/article/detail/167740/2008/02/12/Erdogan-encourage-le-nationalisme-turc-en-Allemagne.dhtml

La polémique lancée par Ankara avec Berlin sur l'intégration de la communauté turque d'Allemagne illustre un changement de cap du premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, qui a pris ces dernières semaines ses distances par rapport à son objectif d'intégration européenne. Sur le plan intérieur, l'AKP (conservateurs), qu'il dirige, a scellé une alliance avec les ultranationalistes du parti d'extrême droite (MHP) pour faire passer sa réforme autorisant le port du voile à l'université. En revanche, les mesures réclamées par Bruxelles et la révision en profondeur de la Constitution attendent toujours.

En quelques jours, le premier ministre turc s'est livré à un inventaire des reproches à destination des pays européens. Sur les sujets sensibles du terrorisme kurde, de l'adhésion à l'UE et des politiques d'intégration européennes, le dirigeant de l'AKP a adopté un ton jusqu'alors plutôt emprunté par les ultranationalistes.

A la tribune de la conférence annuelle sur la sécurité, à Munich, le 9 février, M. Erdogan a accusé les pays européens de laisser les "terroristes" du PKK (séparatistes kurdes) opérer impunément sur leur territoire. "Quand des criminels membres d'organisations terroristes sont arrêtés en Europe, ils sont parfois relâchés, a-t-il dit. C'est difficile à comprendre." Allusion à la France et à l'Autriche, qui ont laissé filer Riza Altun, le trésorier présumé du PKK, en juillet 2007. Ankara a aussi vivement réagi à l'acquittement partiel, le 8 février, par la cour d'appel d'Anvers, de sept membres du DHKP-C, un groupe d'extrême gauche considéré lui aussi comme "terroriste" par l'Union européenne. Le porte-parole du gouvernement, Cemil Ciçek, a qualifié le jugement "d'encouragement au terrorisme".

Après l'incendie de Ludwigshafen, en Allemagne, où neuf personnes d'origine turque ont trouvé la mort, les allégations de "crime raciste", abondamment relayées par la presse populaire d'Istanbul, ont provoqué une réaction de défense collective. Le quotidien nationaliste Hürriyet parlait encore mardi d'un nouveau témoin-clé qui aurait vu un homme sortir de l'immeuble en courant. "Il reste des soupçons", a commenté Deniz Baykal, leader de l'opposition kémaliste. Ces derniers mois, les autorités turques s'étaient déjà élevées contre la limitation, en Allemagne, du regroupement familial pour les immigrés.

La croyance répandue dans les foyers turcs de la turcophobie à l'oeuvre dans ce "club chrétien" qu'est l'UE rejoint aujourd'hui la déception de ceux qui ne comprennent pas l'opposition de la France ou de l'Allemagne à l'entrée de la Turquie dans l'UE, vécue comme un affront.

Guillaume Perrier

SOURCE

http://www.lemonde.fr/europe/article/2008/02/13/ankara-multiplie-les-griefs-a-l-encontre-des-europeens_1010765_3214.html

Turquie - Rapport annuel 2008
Superficie : 774 820 km2
Population : 73 922 000
Langues : turc, arabe, grec, kurde, arménien
Chef du gouvernement : Recep Tayyip Erdogan


L’année 2007 a démarré de la plus mauvaise des manières : le 19 janvier, Hrant Dink, directeur d’une magazine destiné à la communauté arménienne, a été assassiné en pleine rue à Istanbul. Ce drame a donné le ton d’une année difficile pour la liberté de la presse, aux prises avec l’autoritarisme et les violences nationalistes.

Le 19 janvier 2007, le directeur de l’hebdomadaire privé bilingue turc et arménien Agos, Hrant Dink, a été abattu, devant les locaux de la rédaction, à Istanbul. L’arrestation du tireur, Ogün Samast, originaire de Trabzon, l’un des bastions du nationalisme turc, quelques heures plus tard, a marqué le début d’une enquête qui a rapidement fait apparaître le soutien dont l’assassin a bénéficié parmi les forces de l’ordre. Celles-ci avaient été prévenues à plusieurs reprises d’un projet d’attentat contre la vie du journaliste. Pourtant, la justice a rechigné à poursuivre les membres de la police et de la gendarmerie impliqués. Des preuves auraient également été détruites. L’ouverture du procès des assassins présumés au nombre de dix-neuf en juillet, à Istanbul, s’est déroulée sous haute surveillance policière. En raison de l’âge du principal accusé, Ogün Samast, un mineur de 17 ans, l’audience s’est déroulée à huis clos. La deuxième audience a mis en lumière l’implication de policiers et de gendarmes turques. Le procès devait reprendre le 11 février 2008.

L’article 301, fossoyeur de la liberté de la presse

Lors de son arrestation, le tireur a déclaré n’avoir pas de remords et expliqué que Hrant Dink avait mérité de mourir pour avoir insulté le peuple turc. Le journaliste avait, à plusieurs reprises, été poursuivi en justice pour avoir qualifié de « génocide » les massacres d’Arméniens sous l’Empire ottoman. Or, les autorités turques rejettent ce qualificatif. L’article 301 du code pénal, intitulé "Humiliation de l’identité turque, de la République, des institutions ou organes d’Etat" sanctionne de six mois à trois ans de prison "quiconque humilie ouvertement le gouvernement, les organes de justice de l’Etat, les structures militaire ou policière". En 2005, Hrant Dink avait été condamné à six mois de prison avec sursis en vertu de cet article et de nouveau poursuivi, en septembre 2006, pour avoir qualifié de "génocide" les massacres commis en Anatolie pendant la Première Guerre mondiale, dans un entretien avec l’agence Reuters. En octobre 2007, son fils, Arat Dink et deux autres collaborateurs d’Agos ont, à leur tour, été condamnés à un an de prison avec sursis pour avoir reproduit cet entretien dans les colonnes de l’hebdomadaire. Quelques jours plus tôt, devant l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, le président nouvellement élu, Abdullah Gul, s’était prononcé en faveur d’un amendement de l’article 301. Et le 6 novembre, alors que l’Union européenne affirmait dans son rapport annuel sur l’état des négociations d’adhésion avec la Turquie que “des efforts considérables s’imposent encore en matière de liberté d’expression” le ministre de la Justice, Mehmet Ali Sahin, déclarait, lui aussi, qu’Ankara était décidée à amender l’article 301. Il a précisé que le Conseil des ministres examinerait “à la première occasion” les différents projets préparés sur la base de propositions des organisations civiques. Un an auparavant, le Premier ministre, Recep Tayyip Erdogan, avait pris des engagements similaires.

La délicate question kurde

Le nationalisme a été responsable de nombreuses atteintes à la liberté de la presse. Ainsi, Yasin Yetisgen, propriétaire et rédacteur en chef du journal kurde Coban Atesi, a été incarcéré pour avoir publié, le 2 août, un article situant la ville d’Antep au Kurdistan Nord, terme officiellement interdit. A plusieurs reprises, les journalistes se sont vu proscrire la diffusion d‘informations relatives aux opérations militaires au Kurdistan irakien contre des bases rebelles du PKK. Officiellement pour ne pas démoraliser la population en diffusant des informations « négatives », mais aussi pour préserver l’image de l’armée. Ce contrôle a été révélé au public en mars, quand deux rapports de l’état-major et des services du Premier ministre ont “fuité” dans la presse. Les documents révélaient l’existence d’un classement des médias et des journalistes en fonction de la conformité de leur ligne éditoriale avec la politique gouvernementale, mais aussi de l’utilisation des accréditations pour fragiliser un titre ou un journaliste, ou à l’inverse pour récompenser ceux qui sont favorables aux forces armées.

Trois journalistes français, dont deux travaillaient pour l’agence Capa et un, Guillaume Perrier, pour Le Monde, ont été arrêtés le 24 octobre au point de passage d’Harbour, séparant la Turquie et l’Irak, après avoir refusé de montrer le contenu de leurs cassettes aux douaniers. L’un des journalistes a été malmené. Placés en garde à vue sans motif, ils ont été séparés et ont subi des interrogatoires poussés. Le lendemain, ils ont été déférés devant le procureur de la ville qui a décidé de les libérer sans toutefois leur rendre leur matériel.

De nombreux médias kurdes ont été fermés, parfois à plusieurs reprises, pour “propagande terroriste”. Il s‘agit principalement des journaux Gündem et Güncel. La chaîne locale Gun tv, émettant dans la région de Diyarbakir (Sud-Est), seule télévision autorisée à diffuser des programmes en langue kurde, a été confrontée à de nombreuses difficultés, souvent lorsqu’elle a diffusé des chants en kurde.

En octobre, un éditorialiste du quotidien républicain Cumhuriyet, Aydin Erdogan, a été licencié après avoir critiqué, lors d’un débat sur la chaîne kurde Roj TV (interdite en Turquie, dont le siège est au Danemark), les projets de Constitution en cours et s’être déclaré en faveur d’une résolution pacifique du conflit kurde. Peu après cette intervention télévisée, les articles d’Aydin Erdogan n’ont plus paru et les ouvrages qu’il devait présenter lors du salon du livre du Tuyap - publiés par les éditions Cumuhriyet - ne l’ont pas été.

source:http://www.rsf.org/article.php3?id_article=25427

 
 
 
 
 
Armen 2004 Արմեն

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